Réponse rapide : les conditions d’obtention de la résidence costaricienne sont strictement identiques quelle que soit votre nationalité — 150 000 $ pour l’investisseur, 1 000 $ mensuels pour le retraité, 2 500 $ pour le rentista, 3 000 $ pour le nomade numérique. Ce qui change radicalement, c’est le volet du pays d’origine. Le Costa Rica n’a de convention fiscale qu’avec quatre pays : l’Allemagne, le Mexique, l’Espagne et les Émirats arabes unis. Ni le Canada ni la Belgique n’en font partie. Pour un Québécois, cela signifie notamment une retenue à la source canadienne au taux plein sur les pensions de source canadienne, sans réduction conventionnelle possible.
Ce qui ne change pas : la résidence costaricienne
Le droit migratoire costaricien ne distingue pas les nationalités européennes ou nord-américaines. Les quatre statuts sont ouverts aux Belges comme aux Québécois dans les mêmes termes :
- Inversionista : investissement qualifiant d’au moins 150 000 $, le plus souvent immobilier.
- Pensionado : pension viagère d’au moins 1 000 $ par mois.
- Rentista : 2 500 $ mensuels garantis sur deux ans, ou dépôt de 60 000 $.
- Nomade numérique (loi 10008) : 3 000 $ mensuels de revenus étrangers, 4 000 $ avec personnes à charge.
Dans tous les cas : résidence temporaire de deux ans renouvelable, voie vers la résidence permanente après environ trois ans, affiliation obligatoire à la Caja à hauteur de 7 à 11 % des revenus déclarés, et six à douze mois de délai jusqu’à la délivrance du DIMEX.
Les étrangers disposent par ailleurs des mêmes droits de propriété que les nationaux sur la pleine propriété, sans partenaire local ni structure imposée.
Point d’actualité valable pour tous : les avantages de la loi 9996 — franchise de droits d’importation sur le déménagement et deux véhicules, abattement de 20 % sur le droit de mutation — ne concernaient que les dossiers déposés avant le 15 juillet 2026. Cette fenêtre est fermée.
Le point commun décisif : aucune convention fiscale
C’est l’élément que Belges et Québécois doivent intégrer avant tout le reste. Le Costa Rica applique une fiscalité territoriale — les revenus de source étrangère n’y sont, en principe, pas imposés — mais il n’a signé de convention de non-double imposition qu’avec l’Allemagne, le Mexique, l’Espagne et les Émirats arabes unis.
Deux conséquences valables dans les deux cas :
- Aucun mécanisme conventionnel ne viendra répartir les droits d’imposer entre votre pays d’origine et le Costa Rica, ni trancher un conflit de résidence fiscale. Votre statut se détermine sur les seuls critères internes de chaque pays.
- Le Costa Rica n’accorde aux particuliers aucun crédit d’impôt au titre des impôts payés à des gouvernements étrangers.
Il faut ajouter, pour le Canada, une nuance souvent mal comprise : il existe bien un accord d’échange de renseignements fiscaux entre le Canada et le Costa Rica, signé en 2011. Cet accord organise la transmission d’informations entre administrations — il ne s’agit pas d’une convention de non-double imposition et il n’accorde aucune réduction de taux. Plusieurs sites confondent les deux, avec des conséquences potentiellement coûteuses.
Ce qui change pour un Québécois
La résidence fiscale canadienne
Le Canada ne raisonne pas en nombre de jours mais en liens de résidence. Les liens dits importants — un logement disponible au Canada, un conjoint ou des personnes à charge y résidant — pèsent lourd, complétés par des liens secondaires : comptes bancaires, permis de conduire, cartes d’assurance, biens personnels, appartenances professionnelles.
Tant que ces liens subsistent, l’administration fiscale peut vous considérer résident et donc imposable sur vos revenus mondiaux. Comme dans le cas français, quitter physiquement le pays ne suffit pas : c’est la rupture des liens qui compte, et elle doit être documentée.
L’impôt de départ
L’émigration fiscale déclenche une disposition réputée de la plupart de vos biens à leur juste valeur marchande, générant un gain en capital imposable — l’équivalent canadien d’une exit tax. Certains biens en sont exclus, notamment les immeubles situés au Canada. C’est le sujet qui justifie à lui seul un conseil professionnel avant le départ.
Les pensions : le point le plus coûteux
Les prestations du Régime de rentes du Québec et du Régime de pensions du Canada sont versées à l’étranger. La Sécurité de la vieillesse l’est également, mais son versement à long terme hors du pays suppose un nombre minimal d’années de résidence au Canada après l’âge de 18 ans.
Le point critique est ailleurs : les pensions et revenus de retraite de source canadienne versés à un non-résident supportent une retenue à la source au taux plein de 25 %. Les conventions fiscales réduisent habituellement ce taux — souvent à 15 % — mais en l’absence de convention entre le Canada et le Costa Rica, aucune réduction ne s’applique.
C’est l’information la plus importante de cet article pour un retraité québécois : votre pension nette au Costa Rica sera sensiblement inférieure à ce qu’elle serait dans un pays conventionné comme le Mexique ou le Portugal. Cela ne disqualifie pas le projet, mais doit être chiffré avant de décider.
L’assurance maladie
La couverture publique québécoise est liée à la résidence au Québec et cesse au-delà d’une durée d’absence déterminée par année civile, sous réserve d’exceptions encadrées. Vérifiez votre situation précise auprès de la Régie avant le départ, en particulier si vous envisagez des retours réguliers.
Bonne nouvelle en contrepartie : l’affiliation à la Caja costaricienne couvre sans plafond ni exclusion pour antécédents médicaux, ce qui compense largement pour la plupart des profils de plus de 60 ans.
Ce qui change pour un Belge
La résidence fiscale belge
Le droit belge s’attache au domicile et au siège de la fortune, avec une présomption liée à l’inscription au Registre national. La radiation auprès de votre commune est donc une étape formelle importante, mais elle ne suffit pas à elle seule : l’administration examine la réalité de votre situation — logement, famille, centre des intérêts.
Comme pour la France et le Canada, l’absence de convention avec le Costa Rica prive d’un mécanisme d’arbitrage. La qualité de la documentation du départ est déterminante.
Pensions et sécurité sociale
Les pensions belges peuvent être versées à l’étranger, avec des formalités de contrôle de vie annuel comparables à celles de la France. Leur traitement fiscal et les éventuelles retenues dépendent de la nature de la pension — régime des salariés, des indépendants, ou fonction publique — et de votre statut de résidence. En l’absence de convention, l’analyse doit être faite au cas par cas.
Côté santé, l’affiliation à une mutualité belge est liée à la résidence et à la cotisation : un départ définitif y met fin, la Caja costaricienne prenant le relais dès l’obtention de la résidence.
Un point sur lequel les francophones hors de France sont avantagés
Pour un Québécois, le décalage horaire est un atout considérable. Le Costa Rica vit à l’heure normale du Centre et ne pratique pas le changement d’heure : selon la saison, l’écart avec Montréal est d’une à deux heures seulement, contre sept à huit heures pour Paris ou Bruxelles.
Cela change tout pour trois usages : garder un lien familial quotidien, continuer à travailler à distance pour des clients canadiens, et organiser des allers-retours — les liaisons aériennes entre le Canada et le Costa Rica sont nombreuses et bien plus courtes qu’un vol transatlantique.
C’est aussi pourquoi le Costa Rica compte une communauté nord-américaine bien plus importante que sa communauté européenne, avec les services qui vont avec.
La scolarité pour les familles francophones
Le Lycée Franco-Costaricien de Tres Ríos, créé en 1967 par l’AEFE et le ministère costaricien de l’Éducation, accueille plus de 1 100 élèves de la maternelle à la terminale et délivre un double diplôme franco-costaricien. Il est ouvert aux familles francophones quelle que soit leur nationalité, ce qui en fait une ressource pour les Belges comme pour les Québécois.
Notez toutefois que le cursus est le programme français : pour une famille québécoise envisageant un retour, l’articulation avec le système scolaire québécois mérite d’être vérifiée en amont.
Où s’installer
Les critères ne dépendent pas de la nationalité. La Vallée centrale, entre 1 000 et 1 500 mètres, offre 18 à 25 °C toute l’année, les meilleurs hôpitaux, l’aéroport international et le lycée français.
- Appartement à Ifreses, Curridabat — à partir de 128 000 $.
- Terrain arboré à Coyolar, Orotina — à 150 000 $, soit le seuil de la résidence investisseur.
- Maison de plain-pied en copropriété à Tres Ríos — autour de 157 000 $.
- Lots en communauté au Guanacaste — à partir de 70 000 $.
Le comparatif complet figure dans notre article sur les meilleures régions où vivre au Costa Rica.
Questions fréquentes
Un Belge ou un Québécois paie-t-il plus cher pour la résidence costaricienne ?
Non. Les seuils et les frais sont identiques pour toutes les nationalités. Seules les formalités d’authentification des documents diffèrent selon le pays émetteur.
Existe-t-il vraiment une convention fiscale Canada–Costa Rica ?
Non, pas de convention de non-double imposition. Il existe un accord d’échange de renseignements fiscaux signé en 2011, qui organise la coopération entre administrations sans accorder de réduction de taux. Plusieurs sites entretiennent cette confusion.
Peut-on cumuler nationalité d’origine et résidence costaricienne ?
Oui. La résidence, puis éventuellement la naturalisation costaricienne, n’impliquent aucune renonciation à votre nationalité belge ou canadienne.
Les documents doivent-ils être apostillés ?
Oui, et traduits. Les procédures diffèrent selon le pays émetteur et prennent plusieurs semaines : c’est le premier goulot d’étranglement des dossiers, à lancer très en amont.
Vaut-il mieux passer par un conseiller de son pays d’origine ?
Idéalement les deux : un conseiller fiscal dans votre pays pour la rupture de résidence et un avocat costaricien pour le dossier migratoire. En l’absence de convention, cette double compétence n’est pas un luxe.
Faire le point sur votre situation
La partie costaricienne de votre projet est la même pour tous. C’est la partie « pays d’origine » qui fait toute la différence, et elle mérite d’être chiffrée avant de décider. Réservez une consultation gratuite : nous évaluons votre éligibilité et vous orientons vers les compétences fiscales adaptées à votre nationalité.
Pour aller plus loin
- vivre au Costa Rica : le guide complet
- prendre sa retraite au Costa Rica
- le budget pour vivre au Costa Rica
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal. Les règles fiscales, de pension et d’assurance maladie belges et canadiennes évoluent et doivent être vérifiées auprès des administrations compétentes et d’un professionnel qualifié.