Qu’est-ce que la fiscalité territoriale et quels pays l’appliquent ?

By Golden Visa Costa Rica · July 26, 2026 · Legal & Tax

Réponse rapide : un pays à fiscalité territoriale n’impose que les revenus produits sur son territoire. Les revenus de source étrangère — pension versée depuis la France, dividendes d’un portefeuille européen, loyers d’un bien situé ailleurs, facturation de clients étrangers — n’y sont, en principe, pas imposés. C’est l’opposé du système français, qui impose ses résidents sur leurs revenus mondiaux. Le Panama, le Costa Rica, le Paraguay, la Géorgie, Hong Kong, Singapour et la Malaisie appliquent des variantes de ce principe. Attention : la territorialité du pays d’accueil ne vous protège en rien tant que vous restez résident fiscal français.

Le principe, expliqué simplement

Il existe deux grandes philosophies d’imposition dans le monde.

Un exemple concret. Un retraité français installé dans un pays à fiscalité territoriale perçoit une pension versée par une caisse française : la source est française, donc ce pays ne l’impose pas. S’il ouvre un commerce local, les bénéfices de ce commerce sont de source locale, donc imposables normalement.

Le principe est simple. Son application l’est beaucoup moins, et c’est là que les erreurs coûtent cher.

Quels pays appliquent la territorialité ?

Les régimes varient, et aucun n’est une pure territorialité sans conditions :

Ce dernier point mérite d’être souligné : plusieurs États ont resserré leurs règles ces dernières années, notamment sur les revenus étrangers rapatriés sur le territoire. Un régime territorial n’est jamais une garantie perpétuelle.

Le malentendu qui coûte le plus cher

Beaucoup de candidats à l’expatriation raisonnent ainsi : « je m’installe dans un pays à fiscalité territoriale, donc ma pension française n’est plus imposée ». C’est faux tant qu’une condition n’est pas remplie.

La territorialité du pays d’accueil ne dit rien de vos obligations françaises. Votre imposition en France dépend uniquement de votre statut de résident fiscal au sens de l’article 4 B du Code général des impôts, qui pose quatre critères alternatifs :

Un seul critère rempli suffit à vous maintenir résident fiscal français, donc imposable sur vos revenus mondiaux — indépendamment de ce que fait votre pays d’accueil.

Le « mythe des 183 jours » n’a aucune valeur juridique : passer moins de six mois en France ne change rien si votre conjoint et vos enfants y résident, ou si l’essentiel de votre patrimoine productif y demeure.

Le scénario dangereux est donc le suivant : vous vivez dans un pays territorial qui ne vous impose pas, tout en restant résident fiscal français aux yeux de l’administration. Vous ne payez d’impôt nulle part — jusqu’au contrôle.

La question de la convention fiscale

Une convention de non-double imposition répartit les droits d’imposer entre deux États et fournit des règles de départage en cas de conflit de résidence. Son absence change la nature du risque.

Or beaucoup de pays à fiscalité territoriale ont peu de conventions. Le Costa Rica illustre parfaitement ce point : il n’a conclu de convention fiscale qu’avec quatre pays — l’Allemagne, le Mexique, l’Espagne et les Émirats arabes unis. La France n’en fait pas partie, ni pour l’impôt sur le revenu, ni pour les successions.

Trois conséquences pratiques :

Ce n’est pas rédhibitoire — la combinaison territorialité plus rupture de résidence bien construite reste très favorable — mais cela transforme le conseil professionnel préalable en nécessité plutôt qu’en confort.

Ce que la territorialité n’efface pas

Même après une rupture de résidence fiscale réussie, certains liens fiscaux avec la France subsistent si vous conservez des actifs :

Un cas concret : le Costa Rica

Le pays combine plusieurs éléments qui expliquent son attrait auprès des retraités et des indépendants :

C’est cette combinaison — et non la territorialité seule — qui rend le montage intéressant.

Questions fréquentes

La fiscalité territoriale est-elle légale ?

Absolument. C’est un choix de politique fiscale souverain, parfaitement reconnu. Ce qui est illégal, c’est de se prévaloir d’une résidence fiscale que l’on n’a pas réellement établie.

Peut-on être imposé nulle part ?

En théorie, une rupture régulière de résidence française vers un pays territorial peut aboutir à une imposition très faible sur les revenus étrangers. En pratique, l’échange automatique d’informations entre administrations rend cette situation visible : elle doit être solidement fondée, pas improvisée.

Les régimes territoriaux vont-ils durer ?

Plusieurs pays les ont resserrés récemment, notamment sur les revenus rapatriés. Il est prudent de bâtir un projet qui reste viable même si le régime évolue.

Faut-il déclarer ses comptes étrangers ?

Oui, tant que vous êtes résident fiscal français — ce qui inclut l’année du départ. L’omission est sanctionnée par une amende forfaitaire par compte et par année.

Vérifier votre situation

La territorialité est un avantage réel, à condition que la rupture de résidence française soit correctement établie. Réservez une consultation gratuite pour cadrer votre projet costaricien, et consultez notre guide sur les services pour gérer sa fiscalité en s’expatriant.

Pour aller plus loin

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal. Les régimes fiscaux évoluent : faites valider votre situation par un professionnel qualifié.