Réponse rapide : selon le Global Peace Index 2025, les cinq pays les plus pacifiques sont l’Islande — en tête depuis dix-sept années consécutives —, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, l’Autriche et la Suisse. Mais ce classement mesure principalement la militarisation et l’absence de conflit, pas votre risque quotidien. Le Costa Rica illustre parfaitement ce décalage : 54e mondial et 4e des Amériques au GPI, il affiche pourtant 16,8 homicides pour 100 000 habitants, contre 1,4 en France. Pour une famille, le critère utile n’est pas le classement national mais le quartier.
Ce que mesurent vraiment les classements
Le Global Peace Index, publié par l’Institute for Economics and Peace, agrège trois domaines : le niveau de militarisation, l’implication dans des conflits internes ou externes, et la sécurité sociétale. Seul le troisième domaine correspond à ce qu’un expatrié entend par « sécurité ».
Cette construction explique des résultats contre-intuitifs. Un pays sans armée, sans conflit et sans tension géopolitique obtient un excellent score global même si sa criminalité intérieure progresse. À l’inverse, un pays très sûr au quotidien mais fortement militarisé se voit pénalisé.
La leçon pratique : ne choisissez jamais une destination sur un classement agrégé. Décomposez-le, ou regardez directement les indicateurs qui vous concernent.
Le classement 2025 et sa lecture
En tête du Global Peace Index 2025 : l’Islande, qui conserve la première place pour la dix-septième année consécutive, suivie de l’Irlande, de la Nouvelle-Zélande, de l’Autriche et de la Suisse.
Ces destinations sont effectivement très sûres au quotidien. Leurs limites pour un candidat français sont ailleurs : coût de la vie parmi les plus élevés au monde, climat rigoureux, et pour l’Islande ou la Nouvelle-Zélande, un isolement géographique qui rend les retours en France longs et coûteux.
Le Costa Rica se classe 54e mondial avec un score de 1,84, en progression depuis la 58e place en 2024, et occupe le quatrième rang des Amériques derrière le Canada, l’Argentine et l’Uruguay. Ce bon résultat tient largement à l’absence d’armée depuis 1948 et à l’absence de conflit — pas à une criminalité faible.
Les taux d’homicides : l’indicateur le plus parlant
C’est la donnée la plus comparable d’un pays à l’autre, parce que la définition d’un homicide varie peu et que le sous-enregistrement y est faible.
- France : 1 186 homicides en 2024, soit 1,4 pour 100 000 habitants — 1,3 en France métropolitaine. En baisse de 2,4 % par rapport à 2023, première diminution depuis 2020.
- Costa Rica : 16,8 pour 100 000 habitants en 2025, soit 873 homicides. Le taux est passé de 11,5 en 2021 à 12,2 en 2022, puis 17,2 en 2023 — année record avec 906 homicides.
L’écart est d’environ treize fois. Il serait malhonnête de le minorer.
Mais une donnée brute ne suffit pas : il faut savoir qui est tué et pourquoi. Selon la police judiciaire costaricienne, 74 % des homicides relèvent de règlements de comptes et de disputes territoriales entre bandes, et 79 % impliquent une arme à feu. Le pays est devenu une plaque tournante logistique du trafic de cocaïne, et cette violence se concentre dans des zones et des milieux identifiables.
Pour un résident étranger vivant dans une copropriété de la Vallée centrale, le risque réel relève de la délinquance d’appropriation — cambriolages, vols de véhicule, vols à l’arraché — bien plus que de la violence létale. C’est une nuance importante, pas une excuse.
Les cinq critères qui comptent pour une famille
Au-delà des classements, voici ce qu’il faut réellement évaluer :
- La sécurité du quartier, pas du pays. Dans la plupart des destinations d’Amérique latine, l’écart de risque entre deux quartiers d’une même ville dépasse largement l’écart entre deux pays. C’est le critère numéro un.
- La sécurité routière. Statistiquement, c’est le premier risque réel pour un expatrié dans la plupart des pays tropicaux : état des routes, conduite nocturne, absence d’éclairage, deux-roues. Elle tue davantage que la criminalité.
- Le risque sanitaire : qualité de l’eau, maladies vectorielles, et surtout délai d’accès à un service d’urgence spécialisé. Un accident à deux heures du premier hôpital équipé est un risque concret.
- Le risque naturel : séismes, cyclones, inondations, activité volcanique. Il conditionne le choix de la zone et le coût de l’assurance.
- La stabilité institutionnelle : c’est ce qui protège votre droit de propriété et votre statut de résident sur vingt ans. Un pays stable mais imparfait vaut mieux qu’un pays paisible dont les règles changent.
Comment évaluer un quartier concrètement
Les données nationales ne vous diront jamais si votre rue est sûre. Quatre méthodes fonctionnent :
- Louer trois à six mois avant d’acheter, dans la zone envisagée. C’est la seule évaluation vraiment fiable.
- Observer la nuit, pas seulement le jour. Un quartier agréable à midi peut être désert et mal éclairé à 21 heures.
- Regarder les protections des maisons voisines. Barreaux, fils électrifiés, gardiennage : le niveau d’équipement des riverains est le meilleur indicateur du risque perçu localement.
- Interroger des résidents installés depuis plus de trois ans, plutôt que des nouveaux arrivants enthousiastes ou des forums qui sur-représentent les incidents.
Au Costa Rica, la copropriété fermée avec gardiennage est le standard local pour élever des enfants, bien plus que la maison isolée. Ce n’est pas de la paranoïa : c’est la norme du marché, et cela se reflète dans les prix comme dans les charges.
Le cas des destinations « sûres mais éloignées »
Un arbitrage rarement posé : la sécurité maximale s’achète souvent au prix de l’éloignement et du coût.
Islande, Nouvelle-Zélande et Suisse sont très sûres, très chères et très loin — ou très froides. Pour une famille française, l’éloignement a un coût réel : billets d’avion, impossibilité de rentrer rapidement en cas d’urgence familiale, isolement des grands-parents.
Les destinations à sécurité correcte et proximité raisonnable — Portugal, Espagne, Maroc — représentent souvent un meilleur compromis global qu’un pays classé dans le top 5 mondial.
Une lecture honnête du cas costaricien
Le Costa Rica n’est plus le havre paisible qu’il était il y a quinze ans, et les contenus promotionnels qui l’affirment encore sont trompeurs.
Ce qui reste vrai :
- Une stabilité institutionnelle exceptionnelle : aucune rupture constitutionnelle, aucun coup d’État, pas d’armée depuis 1948. C’est ce qui protège votre titre de propriété.
- Un classement de paix élevé : 54e mondial, 4e des Amériques, en progression.
- Une violence concentrée : 74 % des homicides liés aux réseaux criminels, dans des zones précises.
Ce qui a changé : le pays est devenu un couloir du trafic de cocaïne, et le taux d’homicides a été multiplié par environ 1,5 en quatre ans. Choisir sa zone et sa copropriété n’est plus optionnel.
Nous traitons cette question en détail dans notre article le Costa Rica est-il dangereux.
Questions fréquentes
Un pays classé haut au GPI est-il forcément sûr au quotidien ?
Non. Le classement pondère fortement la militarisation et l’absence de conflit. Consultez séparément les indicateurs de sécurité sociétale et les taux d’homicides.
Quel est le risque le plus sous-estimé par les expatriés ?
La route, très largement. Dans la plupart des pays tropicaux, les accidents de circulation causent bien plus de décès d’étrangers que la criminalité. Évitez la conduite nocturne hors agglomération.
Les statistiques nationales sont-elles fiables ?
Pour les homicides, oui, dans la plupart des pays disposant d’un appareil statistique développé. Pour les vols et cambriolages, beaucoup moins : le taux de déclaration varie énormément d’un pays à l’autre.
Faut-il éviter les pays d’Amérique latine avec des enfants ?
Non, mais il faut y choisir sa zone avec rigueur. Une famille installée dans une copropriété de la Vallée centrale costaricienne, à proximité des écoles et des hôpitaux, vit dans des conditions de sécurité très différentes de la moyenne nationale.
Évaluer votre projet
La sécurité se joue au niveau du quartier, et c’est précisément ce qu’un classement ne peut pas vous dire. Réservez une consultation gratuite pour identifier les zones adaptées à une installation familiale, et consultez notre guide vivre au Costa Rica en famille.
Pour aller plus loin
Cet article est fourni à titre d’information générale. Les statistiques citées évoluent et doivent être vérifiées auprès des sources officielles.