Réponse rapide : un « plan B » consiste à obtenir un droit de séjour dans un second pays avant d’en avoir besoin, généralement adossé à un actif tangible. Ce n’est ni de la fuite fiscale ni du survivalisme : c’est de la diversification, appliquée à la mobilité plutôt qu’aux placements. Les critères qui comptent sont la stabilité institutionnelle, le droit de propriété des étrangers, l’accès à la santé et l’existence d’une voie de résidence indépendante d’un emploi local. Le Costa Rica illustre bien ce profil : résidence investisseur à partir de 150 000 $, sans armée depuis 1948, avec un droit de propriété identique pour les étrangers.
De quoi parle-t-on exactement ?
Le terme circule beaucoup et recouvre des réalités très différentes. Distinguons-les, car elles n’engagent ni les mêmes budgets ni les mêmes démarches.
- Une seconde résidence légale. Un titre de séjour dans un autre pays, qui vous autorise à vous y installer quand vous le souhaitez. C’est le socle, et le plus accessible.
- Une diversification patrimoniale. Détenir un actif — le plus souvent immobilier — hors de sa juridiction d’origine, dans une autre devise et un autre système juridique.
- Une seconde nationalité. L’aboutissement le plus long, généralement au terme de plusieurs années de résidence effective.
- Une simple option de repli, sans installation immédiate : le titre existe, on ne l’utilise pas.
La plupart des projets sérieux commencent par les deux premiers points, qui se traitent souvent d’un même mouvement lorsque l’investissement ouvre la résidence.
Pourquoi le sujet monte en France
La part d’adultes en France déclarant vouloir vivre à l’étranger si l’occasion se présentait est passée de 11 % en 2024 à 27 % en 2025 selon les données Gallup, et un sondage OpinionWay situe autour de 30 % la proportion de Français envisageant un départ.
Or l’écart avec les départs effectifs reste immense : environ 2,5 millions de Français vivent à l’étranger, soit moins de 4 % de la population. Le plan B répond précisément à cet écart — il permet de préparer une option sans franchir le pas.
Les motivations dominantes sont l’instabilité fiscale perçue, le souhait de diversifier un patrimoine trop concentré sur un seul pays, et la volonté d’avoir une porte de sortie familiale.
Les cinq critères de sélection d’un pays
1. La stabilité institutionnelle avant tout
C’est le critère numéro un, et il est souvent relégué derrière le climat ou la fiscalité. Un plan B n’a de valeur que si les règles qui le fondent sont encore là dans quinze ans.
Examinez la continuité constitutionnelle, l’indépendance de la justice et la fréquence des changements de régime d’investissement étranger. Plusieurs pays européens ont fermé ou durci leurs programmes de résidence par investissement ces dernières années : un dispositif attractif n’est pas un dispositif pérenne.
2. Le droit de propriété des étrangers
Peut-on détenir la pleine propriété à son nom, sans partenaire local ni structure imposée ? La réponse est loin d’être « oui » partout, y compris dans des destinations très promues.
Vérifiez également les zones restreintes. Au Costa Rica par exemple, les 200 premiers mètres du littoral relèvent d’un régime de concession maritime assorti de restrictions pour les étrangers : un bien « pieds dans l’eau » n’est pas toujours une pleine propriété. C’est le piège le plus coûteux du marché local.
3. L’accès à la santé
C’est ce qui transforme un plan B théorique en option réellement utilisable après 55 ans. La question à poser : puis-je être couvert malgré des antécédents médicaux ?
Les assurances privées internationales excluent fréquemment les pathologies préexistantes. Les pays dotés d’un régime public ouvert aux résidents étrangers offrent donc un avantage décisif. Au Costa Rica, l’affiliation à la Caja est obligatoire, coûte 7 à 11 % des revenus déclarés et couvre sans exclusion pour antécédents médicaux.
4. Une voie de résidence indépendante d’un emploi
Un plan B fondé sur un contrat de travail n’en est pas un : il disparaît avec l’emploi. Cherchez des statuts fondés sur les revenus ou l’investissement.
5. La distance et le coût du retour
Un plan B situé à onze heures de vol s’active moins facilement qu’un plan B à trois heures. Ce critère prend une importance croissante avec l’âge des parents restés en France.
Le cas costaricien, point par point
- Stabilité : armée abolie en 1948, aucune rupture constitutionnelle depuis. Le pays se classe 54e mondial au Global Peace Index 2025 et 4e des Amériques.
- Propriété : les étrangers disposent des mêmes droits que les nationaux sur la pleine propriété, sans partenaire local.
- Santé : Caja obligatoire, sans exclusion médicale.
- Résidence sans emploi : investisseur à partir de 150 000 $, retraité avec 1 000 $ de pension mensuelle, rentista à 2 500 $, nomade numérique à 3 000 $ au titre de la loi 10008.
- Fiscalité : territoriale, les revenus de source étrangère n’étant en principe pas imposés. Taxe foncière d’environ 0,25 % de la valeur enregistrée.
Les points de vigilance, à connaître avant de s’enthousiasmer :
- Aucune convention fiscale avec la France, ni pour l’impôt sur le revenu ni pour les successions. Le Costa Rica n’a conclu de convention qu’avec l’Allemagne, le Mexique, l’Espagne et les Émirats arabes unis. Aucun mécanisme conventionnel ne viendra arbitrer un conflit de résidence.
- Une criminalité en hausse : 16,8 homicides pour 100 000 habitants en 2025, contre 11,5 en 2021 — même si 74 % relèvent de règlements de comptes entre bandes.
- Les avantages de la loi 9996 ont expiré le 15 juillet 2026 et ne sont plus disponibles.
Les étapes concrètes
- Étape 1 — Clarifier l’objectif. Cherchez-vous une option de repli, une diversification patrimoniale, ou une installation à terme ? La réponse détermine le budget et le pays.
- Étape 2 — Séjour de reconnaissance. Trois semaines minimum, hors haute saison touristique. Un plan B que vous n’avez jamais visité n’en est pas un.
- Étape 3 — Cadrage fiscal français. Un plan B non activé ne rompt pas votre résidence fiscale française : vous restez imposable sur vos revenus mondiaux. Si vous prévoyez de l’activer, l’article 4 B du Code général des impôts et l’éventuelle exit tax — déclenchée au-delà de 800 000 € de titres ou 50 % des bénéfices d’une société, après six ans de résidence sur dix — doivent être traités en amont.
- Étape 4 — Choisir le statut et constituer le dossier. Comptez six à douze mois jusqu’à la délivrance du titre de résident.
- Étape 5 — L’actif. Au Costa Rica, l’acquisition peut se faire via un compte séquestre enregistré auprès du superviseur financier, avant même d’avoir un compte bancaire local.
- Étape 6 — Maintenir le statut. Un titre de résidence se renouvelle et impose souvent une présence minimale. Un plan B laissé à l’abandon expire.
L’erreur la plus fréquente
Confondre plan B et optimisation fiscale immédiate. Obtenir une résidence à l’étranger ne modifie en rien votre situation fiscale française tant que vous n’avez pas transféré votre domicile au sens de l’article 4 B — quatre critères alternatifs dont un seul suffit à vous maintenir résident français.
Un plan B est une option. Sa valeur tient à ce qu’il vous permet de faire si vous décidez de l’exercer, pas à une économie d’impôt immédiate. Les montages vendus sur cette promesse sont ceux qui posent problème.
Quel budget prévoir ?
- Un actif immobilier à partir de 150 000 $ si vous visez le statut d’investisseur costaricien.
- Les frais de dossier : honoraires juridiques, apostilles et traductions, frais officiels, renouvellements tous les deux ans.
- Le conseil fiscal français, particulièrement vers un pays non conventionné.
- Les déplacements de reconnaissance et de formalités.
Quelques exemples de biens situés au seuil ou juste au-dessus :
- Terrain arboré à Coyolar, Orotina — 150 000 $.
- Lot résidentiel premium en résidence fermée à Coyolar — 150 000 $.
- Maison de plain-pied en copropriété à Tres Ríos — 157 000 $.
- Appartements d’investissement à Monserrat, Tres Ríos — 220 000 $.
Questions fréquentes
Faut-il vivre dans le pays pour conserver son plan B ?
Cela dépend du statut. La plupart des résidences temporaires imposent une présence minimale et un renouvellement périodique. Un titre non entretenu se perd : vérifiez les obligations avant de choisir.
Un plan B est-il légal ?
Parfaitement. Détenir une résidence à l’étranger et y investir est légal, à condition de déclarer ce qui doit l’être : comptes bancaires étrangers tant que vous êtes résident fiscal français, et revenus correspondants.
Résidence ou nationalité ?
La résidence est accessible en quelques mois et répond à la plupart des besoins. La nationalité demande plusieurs années de résidence effective. Commencez par la première.
Que se passe-t-il si le pays change ses règles ?
C’est le risque principal, et c’est pourquoi la stabilité institutionnelle prime sur l’attractivité immédiate d’un dispositif. Les titres déjà délivrés sont généralement mieux protégés que les demandes en cours — un argument pour ne pas repousser indéfiniment.
Construire votre option
Un plan B se prépare quand tout va bien, pas quand il devient urgent. Réservez une consultation gratuite pour évaluer votre éligibilité, et consultez notre guide complet pour vivre au Costa Rica.
Pour aller plus loin
- pourquoi le Costa Rica n’a pas d’armée
- les pays les plus sûrs pour s’expatrier
- la fiscalité territoriale
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal.